Un peu d’Histoire

– Je tiens à remercier tout particulièrement Madame MARIE PALUE

propriétaire du château de l ‘HERM , pour son étude sur le moulin de GOUNY.

-Remerciements au docteur ALAIN BLONDIN pour son aide précieuse.

UN PEU D’HISTOIRE

Document Marie Palué Juillet 2012

XIV ème siècle

Avant 1356 , date charnière sur laquelle nous reviendrons , la paroisse de Brenac et donc le lieu de Gouny ( ou le nom qu’il possédait auparavant ) relevait féodalement du prieuré de Brenac , lui-même dépendant de l’abbaye de Saint Amand de Coly qui en détenait les droits de juridiction. Les contes de Perigord et en particulier Renaud de Pons , avaient de tous temps contesté cet état de fait . Déjà en 1267, le capitaine de Montignac , Robert Laiardel avait attaqué le prieuré de Brenac et avait expulsé le curé de l’église .

Le 12 avril 1269 , Alphonse de Poitiers ,frère du roi Louis IX , intervenait en envoyant à son vassal Renaud de Pons , seigneur de Montignac , des lettres l’enjoignant de punir sévèrement les auteurs de ces exactions .Le comte de Périgord Archambaud III avait rejoint le duc de Guyenne,Edouard III après le traité de Paris (1259 ) .

Le 15 avril Edouard de Woodstock , prince de Galles fils d’Edouard , confirmait tous les privilèges du comte et doublait son fief rente (2) . le 17 suivant , Alphonse de Poitiers ordonnait à son sénéchal de Saintonge de veiller à ce que les ordres donnés à Renaud de Pons soient suivis d’effets .

L’affaire dite de Bergerac , concernant la succession d’Hélie Rudel époux de Marthe d’Albret , débute en 1334 . Ses conséquences seront particulièrement bénéfiques pour les comtes de Périgord , en particulier Roger Bernard , qui , à la suite d’âpres négociations va récupérer la châtellenie de Montignac . Montignacdeviendra le chef-lieu administratif du comté de Périgord en 1340 . La chatellenie de Montignac étend sa juridiction sur les paroisses de Saint Pierre de Montignac , Auriac ,Saint-Léon , Le Cheylard , Fanlac ,Bars , Le Cern, Thonac , Valojoux , Brenac et Aubas . En juillet 1343 , le roi Philippe VI fit procéder à l’estimation de Montignac et de tout ce qui dans la chatellenie à l’envoi en possession de la comtesse Jeanne de Pons . Ces biens furent évalués à 276 livres , 19 solset 3 deniers de rente annuelle et la tradition en fut faite sans retard au comte desormais seigneur de la chatellenie toute entière .

Après la prise d’Auberoche par les Anglais en 1344 , le pays revient sous la coupe anglaise . En 1352 les Anglais verrouillent la vallée de la Vézère en amont de Montignac , ils sont alors maîtres du castrum monastique de Terrasson et de la bastide vicomtale de Beauregard . L’année suivante ils assiègent Tursac et Aillac . Edouard de Woodstock , prince de Galles lance son premier raid le 8 septembre 1355 .

Pour que le comte ne cédât à la tentation de suivre le seigneur de Limeuilet rejoindre les Anglais , le roi Jean II le bon lui abandonna en août 1356 , plusieurs hommages dûs à la couronne , en particulier ceux que devaient les évêques de Périgueux et de Sarlat . L’abbaye de Saint-Amand de Coly et donc la paroisse de Brénac est concernée par cette transaction . A partir de 1356 avec la comte Roger Bernard , les comtes de Périgord deviennent suzerains de la seigneurie abbatiale de Saint-Amand les abbés leur doivent l’hommage au comte .

Le contexte historique et les vestiges archéologiques convergent pour placer la construction de la tour de Gouny entre 1340 et 1456 . Son édification est probablement dûe à la volonté du comte de marquer sa puissance dans la paroisse de Brénac , face à l’abbé de Saint- Amandqui en tenait la juridiction jusque là . On peut tirer de ces événements que le comte a confié cette edification à un de ses fidèles , un chevalier sur lequel il pouvait s’appuyer et qu’il voulait récompenser , ce qui se faisait à cette époque .

Il faut donc rechercher dans l’entourage du comte et non de l’abbé et en particulier dans les comptes de la chatellenie de Montignac ,conservés aux archives de Pau , quelle famille pourrait avoir eu cet honneur . La tour est le symbole même de la montée en puissance de ces petits chevaliers vivant dans l’entourage comtale , ainsila tour de La Faye à Auriac ou le bâtiment IV de l’Herm à Rouffignac .

D’après la carte dressée par Bernard Fournioux(1) , Gouny et Bleufond seraient en face de « Port Vieilh » , une voie ou un chemin longeant la Vézère et traversant leterritoire de Blausson alias bleufond en direction du bourg prioral de Brenac .

Gouny est-il dejà un moulin en 1356 ? Est-ce le moulin des « ardaritz » dans la paroisse de Brénac mentionné et détenu en 1402 par Roland Bonal , dont la famille était des marchands de Montignac .

La carte donnée page 126 de cet ouvrage est très instructive Le triangle signale un repaire détenu par un simple chevalier cet auteur a donc des informations sur Mas Nègre . Le numéro 49 signale par ailleurs un « moulin à blé  dont l’origine doit être attribuée à l’implantation d’un simple chevalier » , or ce numero est placé sur le ruisseau auprès de Mas Nègre .

XVIème siècle

C’est la famille qui rénove le moulin en faisant les baies à meneaux à l’étage. C’est probablement à cette période que «Gouny» quel que soit son nom devient un moulin. Change-t-il de statut pour devenir le repaire des Chapiaux ? Toute cette période est inconnue pour l’intant si ce n’est par le bâti.

XVIIème siècle

Hautefort acquiert la châtellerie de Montignac en 1603 (ADD 2 E 1828/3). Le moulin appartiendrait à la Famille Vertuel/Vertuol du Chapiaux auXVIIème siècle. Cette affirmation n’est pas certaine, je n’ai pas retrouvé à ce jour de mention «moulinde GOuny autrement repaire des Chapiaux».

Le contrat de mariage de leur fils Jean avec Charlotte des PLas le 7 juillet1643, devant Me Vayssière notaire, précise que les parents du futurmarié, Jean Vertuol juge de Losse et Jeanne de Lestable demoiselle, habitent le reparie des Chapiaux et qu’ils lèguent àleur fils la 3ème partie de tous leurs biens.On ne parle pas de moulin.
Dans un autre document provenant du même notaire on voit que le frère du marié, prénommé également Jean avait épousé Dorothée du Chapon, fille de Jean sieur du Bâtiment et qu’eux-mêmes habitaient le dit repaire.Le22 octobre 1655 Pierre Chapon sieur du Bâtiment (oncle de Dorothée ?) rendait hommage pour sa maison noble du Bâtiment sise dans la paroisse de Brénac.

Les hommages rendus au roi en 1666 et 1667 en Périgord sont particulièrement intéressants. Il faudra reprendre ce dossier pour suivre les différentes familles de Brénac, en particulier la famille de Vins sieur de Mas Nègre ;
François Reynal marchand de la ville de Montignac pour des rentes à Brénac ;
Bertrand des Estable pour le tènement de Fonpeyre, de la Retourn, et autres ;
le 17.01.1668 Pierre Chapon sieur du Bastiment pour sa maizon noble du Bastiment ;
le 12.01.1668François BOuchier sieur de la Vigerie pour la maison noble de Prechaumourget ;
Le 14 novembre 1582 Barsin de Vayres ecuyer pour sa maison et repaire noble du Breuilh paroisse de Brénac ;
François de Vins pour sa maison noble de Vins située en la ville de Montignac ;
Theophile de Vins pour sa maison noble de la Gu[rou]dye ? située dans le fort de montignac ;
Laqueyrie pour la justice et fiefs de cinq villages en la paroisse de Brenac ;
M. de Vins du Mas Nègre pour la justice des villages en la paroisse de Sergeac et de la métairie de Puypeyroux et villages de la Brunie et de la Fousiere en la paroisse de Bats vendus au sieur Jean de Vins sieur du Mas Nègre

XVIIème siècle

Le moulin est vendu au XVIIème siècle à la famille de Bouilhac.

XIXème siècle
23 fructidor an IX, propriétaire : M. Hussey ; notaire berbesson.
26 juillet 1812 : propriétaire M. de Vaux.
21août 1963, propriétaire : M. de Vaux; M. Ausdral propriétaire des terrains en amont du moulin.

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